Travaux de terrassement

1. Préparation du support

Tous les sols destinés à recevoir la Géomembrane d’étanchéité doivent être compactés entre 85% et 95% de l’Optimum Proctor. Le compactage se fait par consolidation naturelle ou par compactage mécanique. Dans ce dernier cas, on dispose le matériau par couches de 200 à 500 mm maximum et on réalise un tassement par engin vibrant ou par cylindrage. L’opération de compactage est éventuellement accompagnée d’un traitement de désherbage du sol.

Le support ne peut pas comporter d’éléments tranchants dont la granulométrie excède 5 mm. Si ce fond est constitué de matériaux non-poinçonnant tels du sable ou des matériaux argileux, il est possible d’y poser directement la Géomembrane. Dans la plupart des cas, il faut installer un géotextile d’au moins 300 g/m².

terrassement support

2. Inspection des travaux de terrassement

Dans tous les cas, l’étancheur doit effectuer une visite du chantier afin de vérifier si les travaux de terrassement ont été faits suivant les règles de l’art. Un contrôle de l’état de surface sera effectué et tout élément agressif sera enlevé.

Toute modification doit être réalisée avant les travaux d’étanchéité.

terrassement inspection

3. Mise en oeuvre de la Géomembrane

3.1 Transport et stockage

Il faut prendre des précautions pour ne pas endommager la Géomembrane lors du transport ainsi que pendant les opérations de chargement et de déchargement. Les rouleaux doivent être superposés sur une surface plane, propre et exempte d’aspérité.
La Géomembrane ne demande aucune protection spéciale aux intempéries. Par contre, les accessoires doivent être stockés dans un endroit sec et frais (entre 10°C et 25°C) et doivent être protégés des intempéries.

geomembrane

3.2 Plan de calepinage

Si les conditions particulières du chantier le nécessitent, l’entrepreneur devra établir un plan de calepinage. Ce plan sera fait d’après les plans d’exécution ou de recollement et permettra de repérer les joints de panneaux et les découpes. La répartition des panneaux sur site sera faite conformément à ce plan.

geomembrane plan

3.3 Pose de la Géomembrane

Le déroulage et le dépliage des rouleaux se réalisent conformément au calepinage. Il convient de couvrir en premier lieu les talus. Les panneaux sont déroulés en commençant par le haut du talus dans le sens de la pente, après avoir maintenu la Géomembrane temporairement pour éviter tout glissement. Lors du déroulement, il faut veiller à ne pas enfermer des cailloux ou des objets agressifs sous la Géomembrane.
Les panneaux doivent être positionnés en évitant des plis importants dans le géotextile et sans détériorer le support. Pour faciliter la mise en place, il est conseillé de permettre à l’air de se glisser sous la membrane et de déplacer la membrane par flottement.
On prévoit de laisser un excédent de Géomembrane au pied du talus afin d’effectuer les raccordements horizontaux éventuels sur le fond de l’ouvrage. Il faut éviter, dans la mesure du possible, les assemblages horizontaux sur les talus.

pose-membrane

3.4 Pose et soudage de la géomembrane

La surface d’appui, c’est-à-dire le devra être installée d’une façon planaire et sans pierres. La géomembrane doit y être posée sans plis.

Les horaires de travail favorables pour cela doivent être pris en considération (p. ex. heures de matin précoces et heures du soir tardives ou travail de nuit dans la période d’été). Après la pose, la géomembrane doit directement être assuré de façon satisfaisante contre des dégâts mécaniques et contre les effets de vent et d’orage.

La géomembrane devra être jointe exclusivement par soudage. Pour l’exécution des soudures ainsi que pour les appareils de soudure, Le Contractant devra utiliser uniquement le soudage par coin chauffant.

Pour le soudage par coin chauffant, des appareils de soudage devront être utilisés qui permettent un réglage exact des paramètres de procédure décisifs comme la vitesse de soudage, la température de soudage et la pression de soudage ainsi qu’une documentation continue du temps, de la force de pression, de la température de clavette de chauffage et vitesse de soudage et de sa déviation des valeurs prescrites.

soudage

3.5 Ancrage de la Géomembrane

La membrane doit être maintenue en place afin d’éviter son glissement sur le talus et/ou limiter le risque de soulèvement par le vent. Selon le cas, il y a différentes méthodes pour fixer la membrane.

Ancrage en tête

L’ancrage se réalise par enfouissement de la Géomembrane dans une tranchée ou par simple lestage. Les dimensions de la tranchée sont fonction des sollicitations que l’on peut attendre. La section minimale sera de 0,40 m x 0,40 m dans un sol cohérent. Cette section varie en fonction de la longueur de la Géomembrane exposée entre deux ancrages ou entre un ancrage et le niveau de l’eau, en fonction de la vitesse du vent, etc..
Il est nécessaire de retourner la Géomembrane sur le fond de la tranchée d’au moins 300 mm.
Dans tous les cas où l’on craint des mouvements importants du sol après le remplissage du bassin, il est nécessaire de prévoir un ancrage en tête provisoire permettant le mouvement de la Géomembrane
sans créer trop de tension. Dans la plupart des cas, on réalise immédiatement un lestage partiel dans la tranchée. L’ancrage définitif intervient ultérieurement.
Le bassin doit être rempli avant le remblaiement et le compactage de la tranchée d’ancrage. Le remblaiement et le compactage de la tranchée d’ancrage doivent être réalisés en évitant la mise en tension et la perforation de la Géomembrane.
Afin d’éviter le déplacement et le soulèvement de la Géomembrane en cours d’exécution, il est nécessaire de placer un lestage provisoire. Ce lestage facilite aussi les opérations d’assemblage. Le lestage peut être fait à l’aide de sacs de sable, de pneus ou de poutres en bois.

tranchée d'ancrage

D’autres solutions d’ancrage par simple lestage sont possibles si on prend les dispositions nécessaires pour que le cordon de lestage ne s’érode pas dans le temps.

ancrage en tete
Ancrage intermédiaire

Dans le cas de talus de grande hauteur, il peut s’avérer nécessaire de prévoir un ancrage intermédiaire sur le talus pour reprendre les mouvements de la Géomembrane. Cet ancrage peut être réalisé par une tranchée ou sous lestage. Une risberme sera réalisée dans la pente de manière à ne pas déstabiliser le talus.

ancrage intermediaire
Ancrage en pied

Dans le cas où le sol naturel du fond de forme est suffisamment étanche (argile, couche géologique étanche), il suffit de prévoir un ancrage en pied du bassin pour garantir la continuité de l’étanchéité (voir fig. 9).
La solution la plus courante consiste à creuser en pied du talus une tranchée sur une profondeur de 1 m. Au cas où l’horizon étanche se trouve à grande profondeur, on peut faire déborder en fond du bassin une longueur suffisante de Géomembrane pour limiter la perte du bassin à un débit admissible, ou on peut raccorder la Géomembrane sur la couche d’argile la plus étanche (voir fig. 10).

ancrage en pied